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    A l'écoute du monde.

     Ventre plein n'a pas d'oreilles
    Pour écouter le cri de l'enfant affamé,
    Absorbé qu'il est par :
         Son niveau de vie
         Le prix de l'essence
         La femme du voisin,
         Qu'il dévore des yeux,
    Des yeux plus grands que le ventre

    Ventre creux n'a pas d'oreille
    Pour entendre l'oiseau s'égosiller
    A chanter sa joie de vivre
    Dans le matin parfumé
    D'effluves printaniers.
    Obsédé qu'il est à rêver
         D'une croûte de pain
         D'un déjeuner de soleil
         D'une fée belle à croquer.

    Ventre plein, ventre creux,
    N'ont plus d'oreille,
    Indifférents aux cris du poète enchaîné
    Torturé dans le secret d'une prison
    Pour avoir tendu l'oreille
    A l'écoute du monde, privé de liberté
    Pour avoir entendu
         Les râles d'agonie,
         Les gémissements de douleur,
         Les signaux de détresses,
         L'appel à la tendresse,
         La voix de l'espérance,
         L'enfant qui s'émerveille
         A l'aube d'un monde nouveau.

    Ventre plein ... ventre creux
    N'ont plus d'oreille à l'écoute du monde.

     

     

    1983

     


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    Le chardon et la Rose


     Le Chardon et la Rose


    Un chardon par une belle matinée d'été
    Osa pénétrer dans le jardin de la Rose.
    Fi ! ! ! ! s'exclama celle dont la beauté
    Subjuguait  tout son entourage.

    Regardez-vous,
    Avec votre allure dégingandée
    Est-ce des façons de s'introduire
    Ainsi dans le monde civilisé ?

    Le chardon se regarda,
    Soit, son air sauvage dénotait.
    Sa chevelure telle un rasta
    Partait dans tous les sens
    Sa chemise bariolée
    Faisait un peu déguenillée.
    Pourtant on lui trouvait du charme.
    Voire même du piquant.

    Justement dit la Rose
    Mes admirateurs ne sont plus
    Aussi attentifs à ma beauté
    Lorsque vous êtes là.

    Je peux partir belle Rose
    Si ma présence fait offense.
    Le chardon s'en va .
    Sur la pointe de ses racines.


    Allons, allons ne faites pas
    Votre mauvaise herbe.
    Mettez-vous là dans le coin,
    Vous récolterez ainsi
    Un peu de mon succès.
    Le chardon ravi se fit tout petit
    Au pied de l'escalier.
    Le soir venu, il s'endormait
    Rêvant à un jardin
    Où toutes les fleurs se retrouveraient
    Pour danser au clair de Lune...
     
       
    Août 2003
     

     

    Cet écrit est une allégorie : je suis le Chardon quand une amie est la Rose

    Inspiré par une journée de canicule

    Je lui offre un chardon cueilli au bord du Cher

    quand un ami lui offre une brassée de roses

    Le bouquet trône dans la salle à manger

    Le chardon trouve sa place au pied de l'escalier

      


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    C'est joli ce que tu plantes là 

    Oui c'est une pensée

     

     

    Comme celles que qui sont alignées 

    Oui avec les primevères 

    Tu as vu aussi le forsythia

     

      

    Pourquoi c'est mouillé là 

    Tu es allée faire pipi 

    Mais non j'ai arrosé les lauriers

     

      

      Je peux entrer  

     Oui bien sûr

     

      

    Je reviendrai une autre fois 

    Viens quand tu veux 

    T'es pas fâchée si je ne me laisse pas caresser 

    Non bien sûr !!!

     

     

     

    A bientôt 

    Miaou

     

    Depuis ce chat a déménagé


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    Discrétion 

     

    Caracolant sur l'herbe verte 

    A peine vêtue dans la rosée 

    Orientée vers la découverte 

    Fraicheur aux joues, couleur diaprée. 

     

    Je me sens ruisseau, je cascade 

    Sautant clôture; dévalant prés 

    Le vent me frissonne une aubade 

    Sur la harpe des grands peupliers.

     

    Soudain cachée dans la ramure 

    Je mime le ru en pleine nature 

    D'un jet libérant l'onde tiède.

     

    Soupir aisé, juste accroupie 

    Derrière le buisson fleuri, 

    C'est au paradis que j'accède. 

     

     Août 2011 


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    Variation

     


    Gris,
    Blafard,
    Uniforme,
    Le ciel encage les rayons du soleil.
    Emprisonne mes éclats de joie.
    Noie les reflets roux
    De mes cheveux dégoulinants :
    Larmes accrochées,
    Tremblantes,
    Sur le nez rouge, un phare de détresse.

    Flip, Floc ..........

    Flaque, chantonnante sous la pluie
    Note joyeuse, dans la rengaine,
    Reflète soudain l'arc-en-ciel.
    Eclat de rire, éclat soleil,
    Gouttes caracolant sur les feuilles
    Du lilas cramoisi de plaisir,
    A la promesse de jours meilleurs.

    Fric, Frac ..........

    Frôle le vent dans les cerisiers
    Parés de blancs rubans,
    Chahutés par les ébats des moineaux joueurs
    Qui d'un coup de bec aux bouquets blancs
    Feront jaillir des gouttes de sang
     


    Bleu,
    Le ciel, lavé de ses sombres nuées,

    1983

     


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