• Frayeurs nocturnes

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    Frayeurs nocturnes

    La nuit brusquement prit la relève du crépuscule. Les lumières une à une s'éteignirent. Je me trouvai soudain plongée dans le noir le plus absolu. Seule, j'eus très peur et me réfugiai sous un abri en bois et retins ma respiration.


    Alors le silence s'anima, l'atmosphère fut peuplée de craquements sinistres. Un choc énorme ébranla mon asile. Je me précipitai dehors regardant aux alentours. Ce que je vis me cloua sur place : deux paires d'yeux brillaient dans l'obscurité. Sans faire de bruit, je contournai mon refuge. Le sable était doux sous mes pas et un petit air tiède me caressa le visage. Doucement, j'essayai de distinguer l'objet de ma frayeur. J'apercevais alors, tapis dans un arbre un lion et son petit me regardant fixement. Je tremblais, mes dents s'entrechoquaient, je me jetais dans une fosse étayée de bambous, heurtai une sphère ronde qui égrena aussitôt deux, trois notes de musique. Je demeurais pétrifiée, écoutant chaque bruissement prêt à m'engloutir. Plus tard je fis une tentative de sortie. C'est alors que je me trouvais nez à nez avec un ours énorme. Je crus ma dernière heure venue. Mon Dieu ! Que faire ? Et sans attendre que l'animal réagisse, car je l'avais vraisemblablement réveillé, j'escaladais une maison de bois. Je grimpais d'étages en étages, la peur me donnait des ailes. Je me réfugiais sur le toit. Le plantigrade repris sa digestion.

    Au loin un chien aboya. Je m'installais confortablement dans l'espoir de terminer cette nuit au calme, ne dormant que d'un œil.


    Un vacarme immense venant du fond de l'horizon anéanti mon souhait, s'intensifia à mesure qu'il se rapprochait, me glaça le sang : des troupeaux d'éléphants se dirigeaient sur moi. Mon cœur se mit à battre d'un rythme désordonné. Cette fois ci, c'en était fait de moi, je me recroquevillai, rentrai en moi, redoutant le supplice final.
    Surprise ... ! Le tumulte de la horde en marche diminuait peu à peu pour disparaître complètement. Seuls quelques grincements et chuchotements dans les fourrés occupaient le silence. Je dus m'assoupir......


    Un flash éblouissement m'aveugla, me tira de ma somnolence. Je n'osais pas ouvrir un œil ... Alors, une voix joyeuse s'exclama « Bonjour mon bébé ». Un doux gazouillis d'ange charma mon oreille. J'entrouvris les paupières ...
    La nuit et ses cauchemars s'estompaient dans l'ombre pour ne laisser que le spectacle attendrissant du réveil matinal de ma petite mère, moi sa poupée, perchée au sommet d'un meuble à casiers. Les lions juchés sur l'armoire me parurent bien inoffensifs à la lumière du jour. L'ours dans le coffre à jouets en osier avait l'air des plus débonnaires. Les éléphants de la tapisserie étaient attendrissants, marchant les uns derrière les autres : le papa en premier, puis la maman le tenant par la queue, suivie de son petit éléphanteau.


    Lorsque, blottie au creux des bras de sa maman, Linette descendit l'escalier en bois, craquant, mes dernières frayeurs disparurent. J'aurai voulu avoir la parole afin de répondre au joyeux aboiement du chien d'une maison voisine. Je m'endormis sereinement dans le lit encore chaud de Linette, rêvant qu'une petite fille chassait le chat sauvage, du rire plein les yeux. Mirabelle la chatte de la maison se prêtant de bonne grâce à ses jeux, courrait devant elle.

    Mounette 1987

    Frayeurs nocturnes

    Je vous laisse pour quelques jours car la limousine avec chauffeur vient me chercher tout à l'heure (6h) pour le sud de la Capitale.

    En attendant que la micheline à grande vitesse ne m'amène dans la capitale des Gaulles ...

    A bientôt


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    Dans l'imaginaire (avec humour)

     

    Non, ne pleurez pas ! Ce n'est pas triste, c'est la vie. Vous saviez pourtant que cela devait arriver. 90 ans ... j'ai envie maintenant de marcher sur la Voie Lactée. De  partir à cheval sur la Grande Ourse à la rencontre de l'Etoile Polaire et au petit matin de m'évanouir en plein soleil. Puis revenir le soir au crépuscule vous dire un petit bonjour, juste là près de Venus. Vous ne me verrez pas mais je serai pour vous toujours présente.

     

    Je vais vous dire un secret ... Approchez-vous ... plus près ... J'ai toujours regretté de ne pas avoir rencontré le Grand Léo, de n'avoir jamais assisté à un de ses concerts. Il m'aurait été pourtant facile de le faire, mais je n'ai pas pris la peine de réaliser ce rêve. Surtout j'aurais voulu le côtoyer dans sa vie de tous les jours. Mais il est parti vivre en Italie. Pas aisé.

     

    Il avait une grande gueule, un charisme. Un peu anar ... un peu ... beaucoup même, et c'est ce qui me séduisait. Il a chanté les grands poètes : Verlaine, Rimbaud, Aragon. Controversé, souvent interdit, quelquefois aimé et trahi, il était atypique. Alors j'espère que je vais le découvrir au détour de la Voie Lactée, sa crinière blanche flottant dans le bleu du firmament, rugissant contre tous ces engins que nous envoyons dans l'espace pour explorer. Mais explorer quoi !!! N'aurons-nous pas le temps de le faire lorsque nous franchirons le Grande Porte. Porte ouverte sur l'au-delà.

     

    En attendant prenez bien soin de vous et comme moi, arrivez à la fin du voyage, heureux du temps passé même s'il a ses vicissitudes, ses ronces et ses épines. Tenez, prenez un mouchoir dans la boîte que mon adorable arrière-petite fille a décoré pour moi et faîtes bonne figure, souriez. Oui je sais, ce n'est pas facile. Je suis passée par là, moi aussi, lors du départ de ceux dont c'était l'heure et de ceux qui nous ont quittés trop vite. Regardez le petit dernier qui joue au pied de mon lit en babillant, il est mon éternité, ma descendance.

     

    -Oui Léo, j'arrive. Encore quelques instants pour faire mes adieux, pour rassurer, pour sécher les larmes ... encore quelques minutes.

     

    Et vous qui me lisez ... souriez !

     

    "Le début ..... de l'hitoire" et "Dans l'maginaire" sont des textes écrits en atélier d'écriture en 20mn

    Dans le 1er : racontez le début d'une histoire

    Dans le 2ème : imaginez dans 30 ans votre rencontre avec un personnage connu vivant ou non.  


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      • Le début .... de l'histoire

               

            Le Début ........... de l'histoire

         

        Imaginez ... Rien ... bien sûr votre imagination ne peut concevoir ... rien. Car rien n'est pas concevable. Pour vous aider je vais vous mettre sur la voie.

         

        Le Néant ... mais avec une toute petite poussière d'étoile. Si petite qu'en la regardant vous vous dites : il n'y a rien. Puis le choc ... Une deuxième poussière ... Boum, télescopage. Deux fois rien et l'histoire commence.

         

        Je ne vais pas vous narrer l'ultime seconde de la naissance de l'univers, d'autres l'ont fait avant moi, beaucoup mieux que je ne saurais le faire. Non ! Je vais vous raconter le début de la vie. Celui où ...

         

        Il était une fois. Parfois une fois ne suffit pas, mais relevons le défi, où la rencontre est si intense, l'amour si fusionnel, le désir si fougueux. Quand on aime on ne compte pas.  

        Les scientifiques diront

        - Rencontre du deuxième type" (Ah bon, qui était le premier?): un spermatozoïde féconde un ovule. Les jardiniers élucubreront : papa a planté une petite graine.

        Les romantiques, les pragmatiques, les idéologues, les philosophes ... Chacun y va de sa théorie.

        Moi, la théorie ne me passionne pas, je suis un doux rêveur qui de rien vous ébauche un tout.

        Mais n'allez pas croire que le grand boum soit le résultat d'une situation facile, idyllique : c'était lui, c'était moi, il ne pouvait en être autrement, nous étions fait l'un pour l'autre. Non ! 

        Faites à nouveau travailler votre imagination. Elle, au cœur de tout, attend. Eux, des milliers sur le pied de guerre. Elle donne le signal, envoie des messages, dit " je t'attends, toi, l'élu". 

        Eux trépignent, s'élancent, se bousculent, s'écrabouillent, partent trop tôt et dépérissent, meurent de désespérance. Il arrive que, fringuant, fier, prêt à la conquête, il s'aperçoit qu'il a fait tout ça pour rien, elle a quitté la scène. C'est une lutte sans merci, à qui franchira le premier tous les obstacles.

        Seulement il ne faut pas arriver flagada. La belle veut le roi de la fête vigoureux, en pleine possession de ses moyens. Pour espérer être choisie, la petite graine qui sera rose ou chou, commence par se conduire en samouraï. La route est longue avant la sortie du tunnel. 

        Tu pars têtard, tu dois être au rendez-vous comme une petite grenouille, accrochée au sein de sa mère, après avoir quitté l'Enceinte de la Maternité ... Neuf mois plus tard ... 

       

        

    Publié dans - Retombées d'enfance -


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     Le vagabond

     

    - Alors, mon ami, on récidive. 

      

    Martin sursaute, affolé, il s'apprête à fuir. 

     

    - Allons mon brave, je n'ai pas de menottes, vous ne craignez rien, ai je l'air d'un croquemitaine ? S'exclame une dame, du rire plein les yeux. 

     

    - Heu !  bredouille Martin tremblant de peur. 

     

    - Je vous ai vu l'autre jour et j'ai eu bien de la peine pour vous. Une pomme, est-ce là un si gros larcin de nos jours. Nous ne sommes plus au temps des Misérables. Pourtant vous aviez l'air aussi malheureux que Jean Valjean. Tenez, prenez donc mon cabas et accompagnez moi un bout de chemin, lui enjoint son interlocutrice du ton où se décèle l'habitude d'être écoutée. 

     

    Martin se précipite. Soudain, il se sent important, une Dame, a besoin de son aide. Il rend service. On le sollicite. Il danserait s'il osait. Madame Audoin, personne respectable et respectée dans le village le regarde du coin de l'œil, heureuse elle aussi. Elle devine les pensées de cet homme malmené par la vie. Ils cheminent côte à côte, lui d'un pas ragaillardi, elle mesurant chaque pas afin de ne pas user trop vite ses forces. 

     

    Arrivée devant une belle grille elle s'arrête. 

     

    - Nous sommes rendus ! Claironne-t-elle. 

     

    - Venez donc partager mon goûter, vous savez à mon age on se nourrit de peu. 

     

    - Madame, je suis confus. 

     

    - Allons, mon brave pas de manière. D'ailleurs nous ne seront pas seuls, voici Caroline ma petite fille qui vient me tenir compagnie.

      

    - Ma chérie je te présente Martin. Il va goûter avec nous et demain s'il est toujours d'accord il viendra ramasser les pommes du verger. Il adore les pommes, n'est-ce pas Martin.

      

    - Mais, Madame …

     

    - Vous n'êtes pas libre demain !

     

    - Mais si … 

     

    - Alors c'est entendu, allez Caro sert nous le chocolat chaud et la tarte aux …. La vieille dame se met à rire. 

     

    - Décidément nous n'en sortirons jamais.

     

     

      

    -*-*-*-*-*-*-  

     

    Si vous allez rendre visite à la bonne madame Audoin, à Francheville, au cœur de la région lyonnaise, vous rencontrez sûrement son protégé : Martin. Ne soyez pas étonnés si vous l'entendez parler tout seul. Non ce n'est pas la sénilité qui le guette. Il vient tout juste de fêter la cinquantaine et il est en pleine forme psychique. 

     

    Je vais vous dire un secret : toutes les pommes sont amoureuses de lui. Il sait si bien s'en occuper. Il les frotte, afin que leur mine soit toujours resplendissante. Lorsque Caroline invite des copains et des copines, son visage rayonne en les regardant mordre à belles dents dans la tarte aux pommes que sa grand-mère a confectionnée pour eux et ce jour-là exceptionnellement, il partage la table joyeusement animée. 

     

    Maintenant, dans le village, tous les habitants vantent son courage. Martin ne rechigne jamais à aller prêter la main. Il y a toujours des arbres qui perdent leurs feuilles, Martin les ramasse. Il a toujours des cheminées à alimenter, Martin casse le bois. 

     

    Allez une dernière confidence : Martin, un jour à tendu a un chien perdu, seul, sale, abandonné, un morceau de son casse-croûte. Depuis ils forment la plus belle paire d'amis jamais vue. 

     

     

    Le dimanche lorsque madame Audoin va à la messe, il l'accompagne au village. Sur le pas de la porte de l'épicerie, Maryse, la vendeuse, est rayonnante dès que leurs regards se croisent. Ses mains sont si douces … son parfum est frais comme une rivière courant dans un sous bois … Ses yeux éclaboussent de joie. Ses lèvres semblent alors lui crier. 

     

    - Help ! 

     

    Martin est heureux. Il a trouvé sa pomme d'amour. 

     

    Fin

     


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     Les illustrations sont de mon amie Martine Chavent peintre et aquarelliste

    Le texte comme Vie de chien est de mon imagination  

     

    LE VAGABOND  

     

    Le soleil de septembre était un peu paresseux ce matin là. La place du village de Francheville situé au cœur de la région lyonnaise était déserte ou presque. L'unique épicerie étalait ses fruits mûrs et juteux. Martin un pauvre hère, vagabond des temps modernes, sans logis, traînait son mal de vivre. Sans travail fixe, sa quarantaine bien installée il gardait néanmoins une vigueur prête à l'emploi. La tristesse de son inaction collait un voile de grisaille sur son visage. Son allure, dans des vêtements déguenillés, ses chaussures éculées, inspirait une pitié agacée. 

    - Quand on veut travailler, qu'on a du courage, on trouve. Sinon on est fainéant. Disaient les braves gens, en courant vers leur activité. 

     

    Que savaient-ils de la marginalité insidieuse qui s'installe jour après jour ? Savaient-ils la douleur honteuse lorsque les amis se font chaque jour de plus en plus rares, lorsque la famille construite jour après jour, se disloque ? Même son chien l'avait quitté un jour qu'une côtelette l'avait attiré vers une vie meilleure. Avec ce maître ce n'était pas une vie de chien. 

     

    Martin déambulait, désabusé, le ventre vide, le cœur lourd. Soudain … venue d'on ne sait où, une petite voix se fit entendre.

     

    - Help ! Help ! … 

     

    Intrigué, il se retourna.

      

    - Hé ! Regardes moi … mais non … devant toi … oui, sur l'étalage ! 

     

    C'est alors qu'il vit comme dans un rêve, une pomme verte, jolie avec ses joues bien brillantes rondes comme un ventre de sénateur bien nourri. Il se frotta les yeux. Je divague, la faim me donne des vertiges, il serait temps que je tende la main, que des personnes généreuses y mettent une piécette. 

     

      

      

    La pomme récidivait, se faisait pressente.

     

    - Je te connais, tous les matins tu passes devant moi et mes sœurs. J'ai bien compris que tu ne manges pas tout les jours. J'ai bien vu que tu nous regardes avec un air en coin. Ecoutes moi, je t'aime bien et je veux t'aider. Ouvres ta poche … oui, celle là … que je puisse sauter dedans. Hop ! 

     

    - Au voleur ! Au voleur ! Crie une furie sortant de l'épicerie.

     

    - Oui, vous, je vous ai vu prendre une pomme et la mettre dans votre poche.

     

    Martin, surpris, n'a même pas eu le temps de s'enfuir. Il reste pétrifié, coupable, mais pas responsable. Mais peut-il dire que c'est la pomme qui s'est jetée dans ses bras ? Peut-il dire qu'une pomme lui a dit - Je t'aime !

     

    En attendant la mégère ameute le quartier et l'agent municipal qui vient de terminer de régler la circulation à l'entrée de l'école maternelle, arrive aussi vite que lui permet sa nonchalance.

      

    - Que ce passe-t-il ici, quel est le motif de votre effervescence ? S'informe-t-il 

     

    - C'est cet individu » S'exclame l'épicière.

     

    L'agent de la force publique se tourne vers Martin qui aurait bien voulu ne pas être là.

     

    - C'est encore toi ! lui dit-il du ton machinal et excédé qu'il emploie chaque fois qu'il est mis en présence d'un cas social. Les cas sociaux le dépriment. Il préfère jouer au protecteur au lieu du gendarme dans la cour des miracles.

     

    - Il a volé une pomme 

     

    - Mais … 

     

    - Qu'il vide ses poches, vous verrez bien ! Clame la commerçante. Pendant ce temps elle ne voit pas deux garnements qui profitent de l'algarade pour piquer des carambars dans un bocal.

     

    Martin, lui, ne peut que s'exécuter et sort de sa poche sa pomme, si belle, si appétissante, si parfumée, à croire qu'elle le provoque.

     

    - Vous voyez, Monsieur l'agent, ce misérable se croit tout permis.

     

    Martin, le cœur chaviré, doit abandonner sa chimère. Pourtant un cours instant il y a cru, il l'avait déjà dévorée de toute son âme, l'avait caressée de sa main rugueuse. La mégère fière de son bon droit remet l'objet du délit à sa place, sans penser un seul instant qu'elle aurait pu la lui donner. 

     

    Les deux galopins s'empressent de prendre la fuite. Les courses pour maman attendront bien un peu. Le quartier n'est plus sûr. Ce jour là les pommes, tristes, brillèrent moins.

     

     -*-*-*-*-*-*-*-*-

    - Help ! Help ! ... 

     

    - Non, ça suffit, je ne veux pas  Dit le pauvre hère. 

     

    - Regarde-moi comme je suis belle, aujourd'hui j'ai mis du rouge à mes joues. 

     

    - Arrête je vais encore avoir des ennuis, tu crois que c'est gentil de me tenter ainsi.

     

    -Tu ne crains rien, mes copines font le guet, allez prends moi » Dit la mâtine se faisant câline. 

     

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

    Martin n'en croit pas, ni ses yeux, ni ses oreilles : une pomme enjôleuse ! Le parfum qui s'exhale de sa peau le trouble, son estomac crie - Prends-la - Son ventre se tord de trouille. Un rayon de soleil l'éblouit, tout se brouille. Il ne contrôle plus sa main qui attrape la pomme, la glisse dans sa poche. Il ne s'attarde pas devant l'étalage. C'est presque en courant qu'il gagne la rue voisine et là … à l'abri des regards indiscrets, croit-il, il croque le fruit tentateur, l'engloutit vivement. Son estomac, surpris, regimbe un peu. Tant pis il mange sans retenue. 

     

    - Alors, mon ami, on récidive !  

     

    A suivre ...

     


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    Vie de chien  (fin)

     

    (conte naïf sorti de mon imagination, raconté à A. quand elle était plus petite)

     

               - Salut !

               - Reste pas là à me regarder comme si tu allais m'avaler tout cru 

          - C'est que j'aimerais bien avoir une niche et de la soupe comme toi tous les soirs.  

          - Arrête de te lamenter, tu devrais déjà prendre un bain, tu pues ! 

     

    Il en a de bonnes le copain. Sûrement, il croit que c'est facile. Je vais bien de temps en temps me tremper dans la rivière mais si j'en ressors rafraîchi, je ne suis pas parfumé pour autant. 

     

    -Tiens t'as vu Sébastien, le chien d'hier est encore là. On dirait même qu'il fait ami ami avec Fangio

    - Ouais, j'ai vu, et alors  

    - Rien  

    - Magne, on goûte et on va promener Fangio et le baigner dans l'Yseron. (Petite rivière longeant la vallée de Francheville)  

    - Attend, je prends une serviette pour frictionner Fangio

     

     

    Vien de Chien - 3

     

    L'Yseron à Francheville

     

    - Je m'amuse, c'est super. Fangio t'as vu, youpi ! ouah ! ouah   

    - Bon ça va, tu patauges, et alors.  

    - Quel rabat-joie ce chien ! cabot !

     

    - Tu veux que je te bichonne toi aussi.

    Mais il est crade ce chien. Sébastien tu as vu la serviette est toute noire, maman va encore crier. 

    -Tu lui diras que Fangio s'est roulé dans la boue. 

     

    - C'est ça, c'est de ma faute – 

     

    -Tu préfères que je lui dise comment tu as partagé ta gamelle avec une cloche. J'ai bien compris depuis ton manège de l'autre soir.

     

    Quand on est malheureux, si quelqu'un s'occupe de vous, que ce quelqu'un s'attire des ennuis, on est toujours gêné. Moi je voudrais rentrer en rampant le derrière en premier dans un trou de souris. Aussi c'est tout penaud que je quitte mes peut-être nouveaux amis : la petite fille surtout. Eh ! Vous savez pas, j'ai entendu sa mère l'appeler Laura ! C'est beau Laura … Laura … Laura… 

     

    Tuuut … tuuut … 

     

    Faut que j'arrête de rêver en traversant la rue, j'ai failli me faire écraser. 

     

    - :- :- :- :- :- :- 

     

    - Maman, pourquoi aujourd'hui c'est la fête des bêtes et que la SPA veut que nous allions adopter des chiens ou des chats  

    - Parce que dans ses refuges il y a plein de gentils animaux qui mériteraient d'avoir une maison et des câlins comme Fangio 

    -  On va aller adopter un chien ? 

    - Toi ma vieille, je te vois venir » S'exclame Sébastien. 

    - Allons les enfants ne vous disputez pas. D'ailleurs nous n'avons nul besoin de chien, nous avons Fangio.  S'impatiente le père. 

    - Maman, j'ai été sage cette semaine, papa avait dit que j'aurais une récompense  

    - Ben, voyons, un chien n'est-ce pas, un chien pouilleux, sale, qui pue  

    - Sébastien arrêtes à la fin, tu deviens désagréable   

    - Ah oui ! C'est parce que vous ne savez pas ce que Laura a dans la tête. Elle veut … ça y est, elle chiale   

    - Qu'est-ce que c'est encore cette histoire de chien ? Allez Laura dis-moi tout. dit la maman.

    - D'abord c'est pas moi, c'est Fangio qui s'ennuie et qui voudrait un copain, même que déjà il en connaît un …-

    -  Qui pue, c'est bien ce que je dis - 

    - A la fin vous allez me dire ce que signifie cette histoire de chien … qui pue ?  Déclare le père en ouvrant la télé pour écouter les nouvelles. 

     

    Laura éclate en sanglots et sa mère va la rejoindre dans sa chambre. Ensemble elles examinent le problème de ce chien vagabond. La maman a le cœur aussi tendre que celui de Laura. Les hommes ne comprennent jamais rien à la sensibilité des femmes adultes ou en devenir. Il fut convenu que la soupe de Fangio serait plus copieuse et que deux couvertures seraient mises à la disposition des deux compères dans la niche.

     

    - :- :- :- :- :- :-

     

    Depuis que Laura a parlé avec sa maman, j'ai une vie de rêve, je mange, je dors, je me promène avec mon copain Fangio. Régulièrement les enfants lui font prendre un bain. Bien sûr j'y ai droit aussi. Vous allez penser que je suis un ingrat mais si je sens que toute la famille me considère avec sympathie, je n'arrive pas à être comme chez moi. Je voudrais avoir quelqu'un qui m'aime et que j'aimerai. L'autre jour j'ai revu Martin. Il portait le panier de madame Audoin. Souvent, je m'arrange pour me trouver sur son chemin. J'aimerais bien que … 

     

    Eh ! Les copains, c'est pas vrai, je divague Martin vient de me tendre un morceau de son casse-croûte.

     

    Je lui lèche la main et s'il ne me chasse pas je … Eh vous savez quoi, il me caresse, Ouah ! Ouah ! C'est génial. Je vais raconter ça à Laura, je suis sûr que ça va lui faire plaisir.

     

    Tous les jours je m'absente un moment pour aller saluer mes copains à la sortie de l'école, je les accompagne chez eux, puis je vais rejoindre Martin sur son lieu de travail. Il est très gentil Martin. Il n'y a pas que moi que m'en suis aperçu. La petite vendeuse de l'épicerie lui sourit. Je crois qu'ils sont amoureux. C'est comme moi j'ai le béguin pour Laura, elle est si jolie.

     

    Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre … 

     

    Fin

     

    Bientôt je vous raconterai l'histoire de Martin "Le vagabond" 

     


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    Vie de chien 2

    Photo du net 

     Vie de Chien

    (conte naïf sorti de mon imagination, raconté à A. quand elle était plus petite)

     

             - T'es encore là toi. Qu'est-ce que tu veux ? 

             - Rien, juste je regarde. Ca sent bon ce que tu manges.  

             -Tu veux goûter ? 

             - C'est vrai, tu voudrais bien ! 

             - Ouais ! 

             - …   

             - Eh ! doucement, tu manges tout, ma parole t'as pas mangé depuis des mois. 

             - Pardonne-moi, je ne me suis pas rendu compte. 

     

    Nom d'un chien ! Voila que je me fais un copain et que je me conduis comme un sagouin. C'est malin. Heureusement ce n'est pas un chien des rues, il est bien élevé. Devant mon air confus il aboie d'un coup joyeux, - Ouaf ! alors j'aboie avec lui - Ouaf !  Que c'est bon. Pris d'une envie de rire nous aboyons ensemble comme des fous. ... Ouaf !!! ouaf !!! 

     

              -  Attention, on va se faire remarquer.- 

     

    En effet la lumière s'allume. 

     

           - Planque toi derrière ma niche, là dans le noir et arrête de gesticuler.

     

    Il en a de bonnes. Je suis si content que j'aimerais le crier sur les toits. Mais à ce moment là, la porte s'ouvre, un monsieur regarde de tous les côtés et s'exclame : 

     

    - Qu'est ce qui se passe Fangio ? 

     

    Devant la gamelle vide Fangio prend un air dépité, quel comédien ! Décidément, je m'amuse ce soir. 

     

    - Quoi, tu n'as pas eu ta pâtée. Il remue la queue. 

    -Sébastien, ton chien a faim, tu l'as oublié ce soir, allez, fait vite. 

    - Mais papa, je t'assure que je lui ai fait sa soupe. Bon je te redonne une petite portion et après tu me laisses tranquille j'ai encore des devoirs à faire. 

     

    Qu'il est malin ce Fangio. Le voila qui avale la ration en deux coups de langue. Cette fois-ci il ne m'en propose pas. On ne sait jamais ! 

     

    - Dis donc quel palace ta niche ! Digne d'un prince.

     

    Fangio ne répond pas la quiétude d'un ventre plein le gagne. Il se love au fond de sa niche et je comprends que pour ce soir la fête est finie. Je repars vers ma vie de nomade. Comme chaque nuit je dégote un coin à l'abri du froid et rêve d'une vraie vie de chien. 

     

    - :- :- :- :- :- :- 

     

    - Dis Sébastien pourquoi il nous suit ce chien ? Il est sale mais a l'air gentil. Tu crois qu'il est perdu ?

    - Allons dépêche toi on va être en retard à l'école. Et toi le cabot tu veux que j'te botte le derrière.  

    - Méchant, je vais le dire à maman que tu bats les animaux malheureux - 

    -T'es bien une fille, toujours à rapporter et à pleurnicher, tient, voila les copains.

     

    Il vaut mieux que je taille la route encore une fois. A la mine des garnements je sens que ça va encore être ma fête. Salut la petite fille. J'aimerai bien te connaître et savoir ton prénom. T'es jolie tu sais. Voilà que je deviens poète. Je dois avoir de la température. Il faudrait que je me soigne. 

     

    En attendant l'urgent concerne la pitance. Avec leur manie de tout mettre dans des sacs en plastique pas moyen de savoir ce qu'il y a dans les poubelles. C'est plus une sinécure. D'autant que j'ai de la concurrence. Eh ! Oui, avec tous ces SDF les SNDT doivent partager. Si ce n'est pas une honte ! Pour les chats il y a toujours une mémère avec une boite remplie de restes. Pour les oiseaux, les amoureux des piafs, des mésanges et rossignols en tout genre, leur mettent des graines. Les chevaux ont des enfants heureux de leur donner des croûtes de pains, moi les enfants me jettent des pierres. C'est pas juste ! Est-ce que c'est de ma faute si je suis sale, que je ne sens pas aussi bon que Fangio, que ma fourrure n'est pas aussi soyeuse que celle des minets ? Vous me trouvez bien amer ce matin ! C'est qu'hier au soir, j'ai redécouvert le goût du luxe. Ce matin la galère est d'autant plus dure. 

     

    Eh ! Mais je rêve, vous savez ce que je viens de voir ? Martin, un vagabond s'est fait sonner les cloches par une mégère parce qu'il avait volé une pomme. J'ai pas intérêt à traîner dans le coin. Cette fois-ci j'hallucine, alors que la harpie criait à s'époumoner, deux des garnements qui me poursuivent de leurs quolibets piquaient des carambars. Vous n'auriez pas pu prendre aussi un os pour moi pendant que vous y êtes. Si je les désignais à la vindicte de la force publique, ça me vengerait. (Vous avez vu, j'ai du vocabulaire, c'est qu'il me reste encore des souvenirs du temps où je vivais chez les notables.) Seulement, j'ai les crocs à dévorer un facteur mais pas à tâter du gringalet Allons faire un tour vers les immeubles là où les poubelles sont pleines. 

     

    - :- :- :- :- :- :-  

      

      

     

    A suivre

     


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    Vie de Chien

    (conte naïf sorti de mon imagination, raconté à A. quand elle été plus petite)

     

    Parce que vous avez deux pattes, vous vous moquez en me voyant, vous pensez que ça ne doit pas être drôle tous les jours la vie de chien. Ce n'est pas moi qui vous contredirais. Allez vous asseoir sur le banc, là-bas à l'écart, sur la place du Chater à Francheville, je vais vous raconter mon histoire … 

     

    Pas le temps, trop tard, les gosses sortent de l'école et j'ai intérêt à tailler la route, car je suis leur souffre-douleur. A plus tard. 

     

    Kaï, Kaï, Kaï … Qu'est ce que je disais, ils me lancent des pierres en poussant des cris ? 

     

    - Alors le kleps, on s'le fait c'marathon ?  

    - T'as pas mangé aujourd'hui, prend c'cailloux ça t'tiendra au ventre   

    - Hé, les gars arrêtez, laissez ce chien pouilleux, j'ai des bonbons 

    S'écrit une petite blondinette avec des couettes.  

     

    Elle est gentille, mais si elle n'avait pas dit chien pouilleux, j'aurai mieux aimé. Remarquez, elle n'a pas tout à fait tort, c'est vrai que je sens mauvais, que je suis maigre et que j'ai sûrement des puces. Mais enfin on a sa dignité !  

     

         - Eh ! Qu'est-ce que t'as à m'regarder comme ça ? Tu veux ma photo, non mais des fois. Toutou à sa mémère, chienchien de famille. Il est bon le nonoss, elle est chaude l'eau du bain … 

     

    - :- :- :- :- :- :-  

     

       -  Si ce chien n'était pas si sale, je lui aurais bien demandé de venir jouer avec moi à la balle. Il n'est pas seulement sale, il est hargneux. Tiens, j'entends les enfants qui rentrent de l'école, chouette je vais aller me promener. J'ai vraiment envie de me dégourdir les pattes.-  

     

    - Sébastien, t'as vu le pauvre chien, il a l'air malheureux  

    -  Ouais ! T'arrives, j'ai faim et Fangio nous attend pour aller faire un tour à la rivière 

     

    - :- :- :- :- :- :-  

     

    Moi aussi avant j'avais une maison avec une gentille maîtresse et tout et tout … Un jour je les ai vus tout triste. Alors j'ai écouté ce qu'ils se disaient.  

     

    -  Ma chérie, c'est merveilleux cette promotion, le bébé va pouvoir avoir sa chambre dans notre nouvel appartement. Orléans est une petite ville mais plus grande que Francheville. Tu vas voir, tu te feras plein d'amies.    

     

    J'ai pas compris tout de suite ce que ça changerait pour moi, cette nouvelle si extraordinaire. J'avais bien des copains qui avaient vu débarquer un matin un petit paquet hurlant, puis gazouillant. Après une période de mise à l'écart la vie avait repris avec un compagnon de jeux en plus. Certains avaient changé de maison. Donc là rien de particulier, jusqu'au jour où j'entendis :  

     

    - Chéri, plus le temps approche, plus je suis triste à l'idée de devoir me séparer de Tommy. 

     

    Se séparer de moi (oui Tommy c'était moi). C'est ainsi que j'allais un beau matin dans une famille étrangère. Elle ne m'aima pas et moi je n'y fus jamais heureux. La maison se situait à une dizaine de kilomètres d'ici. Un jour de blues plus fort que les autres je me suis enfui et maintenant me voilà S.N.D.T. (sans niche du tout). 

     

    A suivre ...

     


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