• 23° jour – 6 juin – Eirexe – Melide (23km) 

    Eirexe : Ce matin je prends mon temps, laisse les autres pèlerins s’agiter.

     

    Pour répondre aux commentaires précédents : Le gîte était confortable mais pas beaucoup de places et je n'étais pas la seule à dormir sur le sol. D'autres arrivés avant avaient squatté le canapé. En Espagne on ne peut pas réserver et à 15 h c'est déjà tard pour arriver alors 17h !!!  c'est complet.

    Quand à l'escalier du rond point menant à la chapelle il y avait 2 où 3 personnes dans le passage. Penser que nous avons un sac à dos de 9 à 10 kg sur le dos ... J'ai pris la photo (cliquez) et suis partie.

     

    J’attends Philippe au café en face. Il est ouvert tôt, c’est rare et Philippe arrive. Prise de petit déjeuner, puis chacun prend son Chemin. Le mien est à la méditation ce matin et dans un chemin creux mon ombre m’apparaît comme celle de milliers de peregrinos. Je me sens en osmose. Michel, Nathalie et Emmanuel (2003), Pascal, Isabelle(2004) et bien d’autres m’ont précédée et d’autres suivront.

    Les premiers eucalyptus apparaissent signe que nous approchons de la mer.

     

     

      

      

    Après l’Alto do Rosario,  nous arrivons à Palas de Rei côtoyons l’église de San Tirso puis l’église romane du San Xulian do Camino.

     

      

    Eglise de San Xulian do Camino

     

    Ensuite c’est Leboteiro avec son église romane de Santa Maria.

     

    Eglise Santa Maria de Leboteiro

     

      

    Eglise de San Juan à Furelos 

      Le Chemin nous conduit ensuite à Furelos où je m’arrête à l’église de San Juan. A l’intérieur le curé parle avec passion de son église : Christ sur la croix suspendu par un bras levé vers le ciel, l’autre baissé vers la terre, Santa Lucia qui me fait penser à ma maman qui se prénommait Lucie. 

     

     

      Le Chemin nous conduit à Mélide. Philippe au fil me dit où estle  gîte et qu’il va à l’aéroport de Santiago pour son billet de retour.  Lorsque j’arrive près du jet d’eau annoncé comme pointde repère je le vois à l’arrêt du car sur le départ. Il y sera allé pour rien. 

     

    Nous nous  retrouvons pour boire une bière, visiter la ville acheter  des cartes  postales, je ne trouve pas de timbres. Je vais voir l’église. Nous dinons dans un restaurant, puis  rentrons. 

     

    Nous  sommes à deux jours du  bonheur. 

    Le Chemin sera de plus en plus parcouru par les jeunes espagnols. En effet faire la Chemin de Compostelle est un plus sur leur CV. La Compostella qui l'atteste ne demande que 100km pour l'obtenir.

     

    Amis fidèles à bientôt 

     


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    22° jour – 5juin – Sarria – Eirexe (44km)

     

    Sarria : départ 5h30. La nuit noie encore le Chemin lorsque nous passons devant l’église du couvent de la Magdalena. Je retrouve Philippe à Barbadelo pour le petit déjeuner que nous devions prendre avant de partir. Le café devait être ouvert mais, que nenni !!! . Il y a aussi Xavier,  Myriam et Patrick qui avaient marché quelques jours chacun de leur côté et se sont retrouvés ici au gîte. La restauration nous a redonné des forces et je repars. Philippe l’a déjà fait depuis longtemps nous n’avons fait que nous croiser. Les genoux peinent toujours un peu. Dans les environs de Peruscallo se trouve l’église romanica de Santa Maria de Velante XII° s avec son portail à triple archivolte et son tympan lobé. Au mont Mogarde (700m) nous arrivons à Mogarde au km 100 de Santiago où je déplore à nouveau les graffitis.

     

      

     Eglise Santa Maria de Velenteprès de Peruscallo

      

      

    Le Chemin descend jusqu’à Portomarin (400m). Nous accédons dans la ville par un pont au-dessus du barrage de Belesar. A la sortie du pont un escalier de pierre mène à la chapelle de las Nieves. Des pèlerins installés sur les marches me contrarient et je reprends le Chemin en repassant le barrage sur une passerelle.

     

     

     Le Chemin monte toujours jusqu’à Gonzar où je m’arrête pour me rafraichir et me restaurer. Myriam et Patrick sont là, mais pas de nouvelles de Philippe et selon nos accords je dois continuer. Ventas de Naron (750m) rien. Je fais tous les gîtes sur le chemin. A Ligonde je revois Myriam-Patrick et essaie d’avoir Philippe. Je n'ai plus de forfait c'est Patrick qui me passe son tel.

      

     

    Il est à Gonzar ... Nous convenons de nous retrouver le lendemain. Je dors à même le sol, car à 17h tout est complet et l’étape suivante est à8km. Henrike est  là. Avec trois français je dîne au café du coin. Une couverture sous le sac adoucit la fermeté du carrelage. 

     

    Merci à mes fidèles qui me suivent

    Alors à Bientôt

     

      


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    21° jour – 4 juin – Fonfria – Sarria (30km5)

     

    Fonfria : départ à 5h30. Après Biduedo parmi les bouleaux, chênes, houx et fougères nous accédons au Mont Caldeiron (1200m), nous marchons en plein brouillard, puis nous descendons jusqu’à Triacastela : trois châteaux (700m).

     

    Entre Brouillard et soleil sur les monts Caldeira

     

        

            Le brouillard s’est dissipé et le soleil inonde les monts.    

     

    Sur le Chemin le châtaignier me fais penser à tous les pèlerins qu’il a dû voir passer !!!   

     

     

     Triacastela

      Nous avons choisi d’aller visiter le monastère de Samos (détour de 3km). Pour cela nous empruntons la route longeant le cours de l’Ouribio à travers une vallée encaissée entre les montagnes (sierra do Edramo) parmi les bouleaux, genêts, chênes et quelques châtaigniers.

     

     Samos est un autre lieu de passage obligé du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. L'histoire de cette commune est intimement lié à celle de son monastère ; la douceur de ses terres en ayant fait un lieu idéal pour la prière et la retraite spirituelle.

    Dans le monastère de San Xian de Samos, bâti sur les berges de la Sarriá -rivière également appelée Ouribio- vivait une communauté érémitique qui, dans les bonnes grâces de la hiérarchie religieuse, construisit peu à peu l'édifice qui dominerait le reste du village. Le monastère, bénédictin depuis le XIIe siècle, est un condensé de styles qui conjugue structures romanes, gothiques, renaissance et baroques. Samos accueillit par ailleurs le père Feijoo, qui y vécut en dispensant ses enseignements. Cet homme d'Ourense, mort au XVIIIe s., a laissé une profonde empreinte dans l'Histoire de Galice.

    Le monastère fut sur le point de disparaître, aux prises avec les flammes, au début du XXe s. Il fut heureusement reconstruit et le visiteur peut encore déambuler dans deux cloîtres : celui de Feijoo et celui des néréides.

    Samos compte plusieurs églises, chapelles et «pazos»

     A part l’asphalte, le paysage est agréable, bucolique. Nous passons à San Cristobo do Real, puis à San Martino do Real avant d’arriver à Samos par un sentier.  Je croise Ph. qui vient de visiter et repart. 

     

     

      

     

     

     

    San Cristobo do Real

     

     

     

     

     

    Le monastère, dit Monasterio de los Santos Julian y Basilisa de Samos, date du VI° s ). L’inhabituelle     invocation des époux, vierges, Julian et Basilisa martyrs d’Antinoë,  ville égyptienne de l’époque de Dioclétien atteste de l’ancienneté de la fondation du monastère par Saint Martin de Braga et peut-être de sa mixité. Quelques restes médiévaux subsistent tels que la chapelle mozarabe du Salvador et le Cipres datent du IX°-X°. Au sein de cet ensemble on remarque le cloitre des Nereidas du XVI° et le cloitre de Feijoo XVII° consacré au bénédictin Frère Benito  Jeronimo  Feijoo y  Monténégro. 

      

     

     

      

     

     

     

     

     

      

      

     

     Pour arriver à Sarria le Chemin sur l’asphalte croise une petite route grimpant jusqu’à Pascaïs je la prends et m’aperçois que c’est une erreur et rebrousse chemin. (+3km). Arrivée au gîte 15h45. Repas du soir au café en face. 

    Pour répondre à ceux et celles qui se posent la question sur la mémoire du Chemin : je ne prenais comme note que l'heure du départ et l'arrivée avec l'étape. Le kilométrage je le trouve dans mon guide ainsi que les noms des endroits traversés. Je fais un diaporama dans le mois qui suit mon retour. Les photos et l'heure de prise m'aident aussi. Au retour la vie nous reprend très vite mais dès que j'avais un instant de répit je repartais sur le Chemin en pensée et pendant un mois j'ai rêvé de mon expérience.  En le partageant je revis visuellement mon parcours et c'est très fort.

    De plus je suis le Chemin de Joseph Guégan en vélo avec son épouse en 2000 voir dans mes liens et là aussi c'est un grand plaisir. On ne revient pas indemne du Chemin ni des suivants.

      

    A bientôt ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ 

      


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  • 20° jour – 3 juin - Ruitelan – O Cebreiro (10km5) – Fonfria (12km) soit 22km5

     

    Ruitelan : départ 6h après un réveil au son de divers Ave Maria (Gounod ...) et un copieux petit déjeuner. Nous attaquons la montée d’O Cebreiro 1400 m. Divers petits villages : Las Herrerias, La Faba 

     

     

    puis La Laguna de Castilla dernier village avant la Galice, (dommage pour les graffitis), nous conduit loin des plaines céréalières, à l’assaut de la plus abrupte montagne du Camino Francès. Dure montagne mais belle montagne, sur un versant, le Léon, sur l’autre, la Galice et au bout, la mer.

     

      

      

    Premier village du chemin de Saint Jacques en terre de Galice, O Cebreiro possède la plus ancienne église de style pré-romain du chemin ainsi que des pallozas maisons pré-romaines inhabitées depuis peu. J’aurais voulu partager le bonheur d’être là mais Ph. est loin. Il me dira plus tard l’émotion qui l’a submergé.

       

     

    A 1293 m. d’altitude, le col d’El Cebreiro (O Cebreiro en galicien) marque la frontière orientale de la Galice. En ce point de passage, un prieuré dépendant de Saint-Géraud d’Aurillac* fut fondé au XIe siècle. C’est une étape importante pour les pèlerins qui y ressentent de façon intense leur arrivée prochaine. Le village a rénové ses habitations primitives, les pallozas, aux toits de chaume. L’église conserve un calice et une patène en souvenir d’un miracle* célèbre (santo Milagro). Vers 1750, les passionnés d’ésotérisme* commencèrent à voir ce calice comme étant le saint Graal* (Santo grial gallego) des légendes arthuriennes, arguant que “ Perceval le Gallois ” peut aussi se dire “ le Galicien ”. D’aucuns vont aujourd’hui jusqu’à prétendre que c’est pour cela que la Galice autonome a choisi pour blason* officiel un calice surmonté d’une hostie, en 1981. Officiellement, il s’agit du Saint-Sacrement de Lugo, exposé perpétuellement dans la cathédrale au moins depuis le XIIe siècle. Mais sait-on jamais les raisons cachées ? Ainsi vont les légendes… Le lieu doit beaucoup à l’abbé Elías Valiña Sampedro, curé de la paroisse de 1956 à 1989 (il est enterré dans l’église et son buste orne la cour). Promoteur du pèlerinage et inventeur des flèches*, jaunes on lui doit un guide du chemin dans lequel il rappelle l’importance du Cebreiro en tant que lieu de pèlerinage où sont fêtés Santa Maria la Real, patronne de la région, et le santo Milagro. Comme partout, ce lieu finit par n’être plus considéré que comme une étape sur le Camino francés. A tel point que des pèlerins aquitains, étonnés de ne pas voir une statue de saint Jacques dans l’église, en ont offert une, en 1999, sculptée par les moines de Solesmes. Comme celle du Puy*, cette statue renforce l’idée, ô combien fausse, qu’aucun lieu de pèlerinage n’aurait jamais existé sans Compostelle. 

       La Galice vue du O Cebreiro

     

     

     

     

     

     

     Le pèlerin regarde vers la mer 

     

    O Cebreiro : 9h. La Galice s’étale à nos pieds. En quittant O Cebreiro je me retrouve sur la route. Je ne vois pas de marque et m’inquiète. Où est Linares ? Prochain village, il faut monter ou descendre ? Je m’arrête pour consulter mon guide qui est dans mon sac. J’implore « donnez-moi au moins un signe » et au moment où je me baisse pour me délester du sac je vois une flèche jaune à mes pieds ! Merci! Alors je descends jusqu’à l’Alto de San Roque 1270m où une sculpture de pèlerin tel un guetteur tourne son regard vers le bout de la Galice. Le Chemin traverse des petits villages où l’élevage est la principale activité : Hospital de Condesa,  Padornelo. Puis le Chemin monte jusqu’au Alto do Poio (1337m) 

     

     

    Hospital da Condessa

     

      

     Padomelo : Eglise et Fontaine

     

    Par la route, puis par un sentier de conifères j’entre dans Fonfria (12h). Je vais jusqu’au bout du village pour savoir où je suis. Philippe qui m’a vu passer me rejoint pensant que je me trompe. Le rituel accompli à l’albergue, nous allons dans le café paillotte .après avoir fait une visite à l’église. Le soir nous retrouvons John, Andrews, 4 italiens et 1 belge. Soirée très chaleureuse.

     

     

    Paillotte et gîte de Fonfria

     

     Eglise de Fonfria

     

     En 2014 vous me suivez toujours ~~~~~~~~~~~~~~

     


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  •  19° jour – 2 juin – Cacabelos – Ruitelan (24km)

     

    Cacabelos : départ 6h15. Ici pas de cuisine donc pas de petit déjeuner. Nous prenons la route dans un paysage de vignobles et de Bodegas, jusqu’à  Pieros pour continuer dans les vignes, les arbres fruitiers et quelques chênes en passant par de petits promontoires reboisés de conifères. Ce matin je suis en baisse de tonus, je ne sais plus pourquoi je suis là. Ph. est devant,  je marche mécaniquement. Dans les vignobles il m’attend pour me prendre en photo, heureusement la distance masque les larmes qui coulent.

     Eglise Santiago de Villa Franca

    A l’entrée de Villafranca Del Bierzo, L’église de Santiago nous accueille, ainsi que le robuste château des Marquis de Villa franca.

     

    Château des Marquis de Villa franca

     

     

     

     

    Rivière Valcarce 

     Petit déjeuner pris dans un café où je retrouve Myriam. Je fais part à Philippe de ma baisse de tonus : manges ! Alors je mange et lui dis qu’il peut partir ça ira. Passant devant le couvent de clarisses de la Anunciada (XVII° s) construit sur les ruines d’un Hospice de San Roque, je m’arrête entre dans l’église et me ressource au chant des Nonnes. Je reprends de l’énergie. Le Chemin longe la N-VI passe à Pereje puis à Trabadelo et suit le cours du Valcarce dans le fond de la vallée.

     

     

     Ph. doit voir des amis à Portela. Ambasmestas et Vega de Valcarce nous mènent à Ruitelan. Arrivée à 13h.

    Au gîte il y a Henrike. Pas de Ph., il est allé manger au village suivant. Il n’a pas vu ses amis.

      

      En fin d’après-midi je marche dans la fraicheur jusqu’à Herrerias. Au retour un espagnol du village ayant   travaillé près de Grenoble m’offre  à goûter le vin du pays.

      Le soir  nos hôtes nous ont préparé un repas avec décorum. Nous  le dégustons  avec John,  Andrews et les autres. L’ambiance est chaleureuse.

     

     

     


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